Nouvelles mesures pour l’environnement

Publié par Marc De Brandt

 

La Norvège est tributaire de la coopération internationale pour atteindre ses propres objectifs nationaux en matière d’environnement. Le pays subit toute une série de pollutions générées hors de Norvège et véhiculées par les vents et les courants marins – polluants organiques persistants (POP), radioactivité et pluies acides, par exemple. En outre, elle a tout intérêt à contribuer à la lutte contre les nombreux problèmes écologiques qui affectent une région voisine, le Nord-ouest de la Russie.

La coopération internationale est également essentielle lorsqu’il s’agit de trouver des solutions valables pour répondre aux défis environnementaux qui touchent l’ensemble de la planète, tels que les changements climatiques, l’appauvrissement de la biodiversité et la dispersion de produits chimiques dangereux dans la nature. La Norvège joue un rôle moteur dans les efforts menés pour mettre en place, sur ces questions, une coopération internationale à caractère contraignant.

Les questions liées à l’environnement et à la gestion des ressources sont des composantes majeures de la politique étrangère et de sécurité menée par la Norvège. Un environnement satisfaisant contribue, dans n’importe quel pays, à la stabilité et à la sécurité. La salubrité et la diversité de l’environnement sont nécessaires pour alléger la pauvreté et parvenir à une forme de développement durable, bénéficiant à l’ensemble des populations du monde.

 

Les domaines prioritaires
La Norvège attribue une priorité à la coopération internationale dans les domaines suivants :

  • le changement climatique
  • les substances chimiques nocives pour la santé et l’environnement
  • la biodiversité

Le changement climatique
Le changement climatique anthropogénique est l’un des défis environnementaux les plus sérieux auxquels le monde ait aujourd’hui à faire face. Le climat mondial est d’ores et déjà en cours d’évolution, et selon le Groupe d’experts intergouvernemental des Nations Unies sur l’évolution du climat, la tendance au réchauffement observée depuis cinquante ans serait effectivement imputable, dans une large mesure, à l’activité humaine. Les émissions de gaz à effet de serre sont susceptibles de provoquer une hausse des températures moyennes à l’échelle de la planète, qui pourrait affecter le schéma des précipitations et des vents, influer sur les zones climatiques et engendrer un relèvement du niveau des océans. Des changements d’une telle ampleur pourraient avoir un impact radical tant sur les écosystèmes, que sur le fonctionnement de la société humaine. Ce que l’on sait à l’heure actuelle du phénomène est suffisant pour permettre d’engager une action. Plus l’humanité tardera à passer aux actes, plus les conséquences et les coûts engendrés seront lourds pour les générations à venir.

La Norvège travaille activement en vue de stabiliser les concentrations atmosphériques de gaz à effet de serre à un niveau qui permette d’éviter une interférence dangereuse, provoquée par l’homme, avec les systèmes climatiques. Elle remplira ses engagements aux termes du Protocole de Kyoto, à savoir limiter ces émissions, entre 2008 et 2012, à un niveau qui ne soit pas supérieur à 1 % par rapport à celui de 1990. La Norvège cherche aussi activement à mettre en œuvre un régime d’objectifs climatiques plus larges et plus ambitieux à l’échelle du globe, pour l’après 2012.

 

En savoir plus sur les priorités climatiques de la Norvège.

 

Les produits chimiques dangereux
La consommation de produits chimiques a connu au cours des cinquante dernières années une croissance exponentielle. Les substances chimiques font désormais partie intégrante de toutes sortes de produits, et entrent dans les processus de fabrication les plus divers. Ces substances chimiques font l’objet d’une dispersion à grande échelle, qu’elles se trouvent diffusées par le biais des échanges commerciaux, ou véhiculées par les vents et les courants marins. Dans un tel contexte, la Norvège apparaît particulièrement vulnérable, dans la mesure où ces vents et ces courants convoient les émissions polluantes en direction du Nord, faisant des régions nordiques une « décharge » pour les produits chimiques dangereux en provenance de tout l’hémisphère Nord.

Au cours des dernières années, la réglementation internationale applicable aux produits chimiques dangereux est devenue beaucoup plus sévère, essentiellement grâce à l’entrée en vigueur de plusieurs accords internationaux. La Norvège travaille activement à faire en sorte que les efforts dans ce domaine soient renforcés à l’échelle de la planète. C’est dans ce contexte qu’une stratégie mondiale assise sur une large base est en cours d’élaboration, sous les auspices du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), dans le but de traiter toute une série de défis environnementaux liés aux produits chimiques dangereux.

 

La biodiversité
Suite au sommet de Rio en 1992, la Norvège a travaillé à promouvoir la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique (CBD). L’évaluation des écosystèmes pour le millénaire, l’étude la plus vaste jamais entreprise sur les écosystèmes dans le monde, a été commandée, notamment, par la CBD. Une responsabilité particulière est revenue à la Norvège, au sein du Conseil nordique des ministres, concernant le suivi de cette évaluation dans le cadre de la coopération internationale pour l’environnement et de la politique de coopération en matière de développement. La Norvège s’attache à intégrer aux activités nationales les objectifs et les programmes de travail définis dans le cadre de la convention, ainsi que les dispositions dans le cadre du Protocole de Carthagène sur la biodiversité. Le but fixé en 2002 lors du Sommet mondial sur le développement durable de Johannesburg – obtenir, à l’horizon de 2010, une réduction significative du taux actuel de dégradation de la biodiversité – sera atteint par la coopération entre tous les secteurs de la société concernés.

 

La coopération environnementale avec l’Union européenne
Au cours des trente dernières années, l’UE a mis en œuvre une politique environnementale de grande envergure, fondée sur la constatation que la pollution est un phénomène transfrontalier, et que des réglementations supranationales sont nécessaires pour faire face aux problèmes d’environnement qui touchent différentes régions du monde.

L’accord sur l’EEE comprend une coopération à grande échelle dans le domaine environnemental. Selon les clauses de cet accord, la Norvège doit appliquer pour bonne part la législation adoptée par l’UE en matière d’environnement. Les réglementations communautaires ont été introduites dans un grand nombre de domaines, dont ceux des produits chimiques, de la qualité de l’air et de l’eau, du traitement des déchets. L’accord sur l’EEE n’englobe pas les questions relatives à la gestion des ressources naturelles, ni à la préservation du patrimoine culturel.

Les nouveaux mécanismes financiers de l’EEE couvrent des aspects importants de cette coopération environnementale avec l’UE. Au cours des cinq dernières années, la Norvège a contribué à raison de 1,9 milliard de couronnes par an, destinés essentiellement aux 10 nouveaux États membres. Ce financement visait à réduire les disparités sociales et économiques au sein de l’EEE élargie, l’environnement constituant un domaine d’action privilégié.

 

Le PNUE – Programme des Nations Unies pour l’environnement
La Norvège joue un rôle de premier plan dans les actions menées en vue d’intensifier les efforts environnementaux à l’échelle de la planète. L’une des mesures prises à cet effet est le renforcement du PNUE, en tant que forum mondial consacré aux questions d’environnement.

 

La Norvège met l’accent sur les quatre mesures-clefs suivantes :

  • renforcement de la capacité scientifique du PNUE, afin que l’organisation puisse mieux évaluer l’impact des problèmes environnementaux dans différents domaines ;
  • renforcement de la capacité du PNUE à élaborer des mesures et à opérer des transferts de technologie à destination des pays en voie de développement ;
  • renforcement de l’influence des États membres sur les décisions prises au sein du Conseil d’administration du PNUE, en appliquant le principe de l’appartenance de tous les membres au Comité des représentants permanents ;
  • augmentation du financement affecté aux actions du PNUE.

Commerce et environnement
L’application des dispositions nationales en matière d’environnement pose un certain nombre de problèmes au regard des accords internationaux portant sur d’autres sujets. Cet état de fait est particulièrement flagrant dans le contexte des négociations sur la libéralisation du commerce qui se déroulent au sein de l’OMC, de celles relatives aux accords de libre-échange entre l’AELE et les pays tiers, et des initiatives en relation avec le Marché unique de l’UE et de l’EEE.

L’évaluation des aspects environnementaux est une nécessité pour tous les domaines de négociation en question, faisant partie de la série de discussions en cours à l’OMC. Dans le même temps, la relation entre commerce et environnement est un sujet de négociation en soi. L’État norvégien estime que l’OMC et les accords multilatéraux sur les questions d’environnement sont à considérer comme des instruments de même valeur sur le plan mondial, conçus pour répondre aux besoins de la communauté internationale, et qu’il ne saurait être question d’une quelconque relation hiérarchique entre ces différents accords. Il est également important que les négociations débouchent sur des solutions conçues pour instaurer une certaine souplesse, indispensable pour garantir, dans la pratique, l’efficacité des mesures de politique environnementale.

 

L’aide en matière environnementale
L’un des premiers objectifs de la politique norvégienne en matière de développement est de promouvoir une gestion saine de l’environnement et de la biodiversité à l’échelle planétaire. Les mesures adoptées en faveur du développement doivent contribuer à améliorer l’environnement dans les pays partenaires et à empêcher une dégradation écologique généralisée.

Domaines prioritaires de l’aide norvégienne au développement et du partenariat avec les pays en voie de développement :

  • la pérennité des systèmes de production ;
  • une préservation et une exploitation durable de la biodiversité ;
  • la réduction de la pollution ;
  • la protection du patrimoine culturel.

Le Ministère de l’Environnement a signé des accords environnementaux avec des institutions analogues en Indonésie, Afrique du Sud et Chine.

 

Indonésie
L’Indonésie est l’un des pays au monde qui présentent la plus grande diversité sur le plan biologique, avec ses vastes zones de forêt humide, qui jouent un rôle vital dans l’équilibre climatique planétaire. Les ressources naturelles du pays se trouvent aujourd’hui soumises à une pression croissante, et la volonté d’instaurer des plans de gestion de ces ressources se heurte à de nombreux problèmes.

Le but de cette coopération régionale est de mettre en place de tels plans, avec l’accord d’un grand nombre de parties impliquées, autour de l’approche par écosystème telle qu’elle est définie dans la Convention des Nations Unies sur la biodiversité. Les projets en cours parviendront à leur terme en 2006, et seront suivis par une coopération dans le domaine de la pêche et des ressources marines, ainsi que par des mesures destinées à combattre l’exploitation et le commerce illégaux du bois exotique.

 

Afrique du Sud
La coopération environnementale avec l’Afrique du Sud a été lancée en 1996. La mise sur pied d’une coopération à long terme dans ce domaine est d’une importance cruciale, étant donné le rôle-phare que joue le pays sur le plan politique dans cette région du monde, et le statut qui lui revient parmi les pays en voie de développement. Cette coopération est entretenue par le biais de dialogues politiques et de projets communs. Le troisième accord a été signé en décembre 2005. Environ 10 millions de couronnes y seront affectés annuellement. Les aspects principaux du programme prévoient un soutien dans l’application des conventions environnementales mondiales, afin de permettre à l’Afrique du Sud de tenir ses engagements et de continuer à jouer un rôle actif dans le développement futur de ces conventions. Parmi les autres éléments importants du programme, il convient de citer la promotion de la coopération entre les institutions norvégiennes et sud-africaines, le renforcement de la coopération régionale et de la participation des organisations non gouvernementales.

Au cours des prochaines années, les objectifs suivants feront l’objet d’une attention spéciale :

  • réduction de la pollution ;
  • protection de la biodiversité ;
  • instauration d’une bonne gouvernance en matière d’environnement.

Chine
La coopération environnementale avec la Chine a été lancée en 1995-96. Cette coopération bilatérale vise à instaurer un dialogue permanent sur les défis vitaux que doit relever la politique en matière d’environnement, et à soutenir l’application par la Chine de ses engagements face à la communauté internationale. Dans l’avenir, l’accent sera mis sur la question du climat et celle de la dispersion des substances toxiques dans l’environnement, ainsi que sur la biodiversité et les problèmes de pollution de l’eau et de l’air. La coopération porte également sur des mesures relatives aux institutions et au renforcement des capacités, ainsi que sur la collaboration avec l’organisme Innovation Norway, pour la promotion de la technologie environnementale norvégienne. Un nouveau poste de conseiller en environnement a été créé à l’ambassade de Norvège à Pékin. Il incombe à son titulaire d’assurer, d’une part, le suivi de la coopération bilatérale en matière d’environnement, d’autre part, celui de la coopération en vue du développement d’un secteur économique lui-même axé sur l’environnement.

(Source: Texte rédigé par le Ministère Norvégien de l’Environnement)

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